dimanche 14 septembre 2008

Pascal Bentoiu (1927, Bucarest)

Compositeur et musicologue. Il suit de 1943 à 1948 l'enseignement de Mihail Jora pour l'harmonie, le contrepoint, l'orchestration et la composition, de Faust Nicolescu pour la théorie, de Vasile Filip pour le violon et de Theophil Demetriescu pour le piano. En parallèle de ses études musicales il suit des cours de droit à la Faculté de Bucarest (1945-1947). A partir de 1953, Pascal Bentoiu est chercheur à l'Institut du Folklore de Bucarest, où il reste 3 années. Il est l'auteur de nombreux études, essais, chroniques musicales, articles, commentaires, critiques pour la presse roumaine. Sa notoriété de conférencier lui permet d'intervenir à la radio et à la télévision, et d'être l'invité de plusieurs jurys. Il recueille des chants et musiques folkloriques et réalise leur retranscription. Estimé dans son propre pays (prix d'État, 1964 ; plusieurs prix de l'Union des Compositeurs ; etc.), P. Bentoiu jouit aussi d'une reconnaissance à l'étranger (prix international de la RAI, 1968 ; prix Guido Valcarenghi de Rome, 1970 ; etc.)

Pascal Bentoiu est un éminent spécialiste de Georges Enesco à qui il consacre son livre Capodopere enesciene (les chefs d'œuvres d'Enesco, Editura Muzicală,1984), condensé en un Breviar enescian plus récent (Bréviaire énescien, editura Universitatii Nationale de Muzică, 2005). D'autres écrits ont été édités à Bucarest : Imagine şi sens (Images et sens, Editura Muzicală, 1973), Deschideri spre lumea muzicii (Ed. Eminescu, 1973), Privire asupra muzicii (Regards sur les musiques), Gândirea muzicală (La pensée musicale, Editura Muzicală, 1975), Eseu asupra fenomenului muzical (Essai sur le phénomène musical, 1979).

Il commence à composer avant même la fin de ses études, en écrivant dès 1947 une Sonate pour piano qu'il révise dix années plus tard. Il revient au genre de la Sonate en 1962 (piano et violon, op. 14) mais illustre notamment le Quatuor à cordes avec son cycle de six pièces (1953-1982) dont les quatre dernières partagent un même numéro d'opus (27a à 27d). De ses huit Symphonies (1965-1987), les trois dernières explorent les liens étroits entre la musique et les autres arts. La sixième, intitulée Culori (Couleurs), est consacrée à l'art pictural. Chaque mouvement porte un titre : Negru (Noir), Roşu (Rouge), Verde (Vert), Galben (Jaune), Albastru (Bleu) et Alb (Blanc). La septième symphonie, Volume, est liée à l'architecture et la dernière, Imagini (Images), à la poésie. Ses cinq mouvements sont Vergilius (Virgile), Dante, Shakespeare, Goethe et Eminescu. P. Bentoiu écrit aussi deux Concertos pour piano (1954, 1960), un pour violon (1958), une Ouverture de concert (1948, révisée en 1959), une Suite (1955) et plusieurs oeuvres symphoniques inspirées par Eminescu (poème symphonique Luceafărul, 1957 ; Eminesciana III, 1976).
Sa musique de scène est riche, inspirée par de nombreux écrivains classiques au premier rang desquels figure William Shakespeare (la mégère apprivoisée, 1956 ; Hamlet, 1958 ; les deux gentilshommes de Vérone, 1960 ; conte d'hiver, 1964 ; Roméo et Juliette, 1964 ; le songe d'une nuit d'été, 1969). Parmi la vingtaine d'œuvres qu'il consacre à ce genre l'on note aussi le mariage de Figaro d'après Beaumarchais, en 1955 ; Cyrano de Bergerac (E. Rostand), 1957 ; le soldat Chvéïk (Hašek), 1958 ; Caligula, d'après Albert Camus, en 1968, etc., ainsi que quatre musiques pour théâtre de marionnettes (dont, en 1967, le magicien d'Oz de Iordan Chimet d'après la pièce de L. Frank-Baum).
A deux occasions, P. Bentoiu exploite le sujet de ses musiques de scène pour ses opéras. Ainsi, pour Jertfirea Iphigeniei (le sacrifice d'Iphigénie, 1968), premier opéra radiophonique composé en Roumanie, le compositeur utilise la partition intitulée Iphigenia în Aulis, de trois années antérieure. L'année suivante, Hamlet, opéra en deux actes, reprend la musique de scène du même nom (1958). L'Opéra de Marseille propose, sous la direction musicale de Reynald Giovaninetti, la première production scénique de cette œuvre lyrique (26 avril 1974). Un premier opéra d'après Molière, Amorul doctor, a été composé en 1964.
Huit cycles de mélodies et un chant pour soprano avec accompagnement d'orchestre (Cântec nou, 1962) illustrent le reste de son catalogue dédié à la voix humaine. Mais Pascal Bentoiu est aujourd'hui connu pour son travail d'orchestration et de restitution. Il réalise l'instrumentation de Şase cântece şi-o rumbă (Six chansons et une rumba, op. 12) de son professeur Mihail Jora, restaure les Symphonies n° 4 et 5 de Georges Enesco, ainsi que la cantate Isis de ce même compositeur.

Musique de scène

  • Nunta lui Figaro de Beaumarchais (1955)
  • Fântâna Blanduziei de Vasile Alecsandri (1955)
  • Femeia îndărătnică de William Shakespeare (1956)
  • Cyrano de Bergerac d'Edmond Rostand (1957)
  • Hamlet de William Shakespeare (1958)
  • Soldatul Şvejk de Jaroslav Hašek (1958)
  • Burghezul gentilom de Molière (1960)
  • Cei doi tineri din Verona de William Shakespeare (1960)
  • Oceanul de Aleksandr Stein (1961)
  • Poveste din Irkutsk de Vasili Arbuzov (1962)
  • A fugit un tren de Ştefan Iureş et Ira Vrabie (1963), pour théâtre de marionnettes
  • Orestia d'Eschyle (1964)
  • Poveste de iarnă de William Shakespeare (1964)
  • Drumul piperului-Magellan de Costel Popovici (1964), pour théâtre de marionnettes
  • Amorul doctor op. 15, opéra comique en un acte, livret de Pascal Bentoiu d'après Molière
  • Amnarul de Ştefan Lenkisch (1965), pour théâtre de marionnettes d'après C. Andersen
  • Iphigenia în Aulis d'Euripide (1966)
  • Viforul de Barbu Ştefănescu-Delavrancea
  • Vrăjitorul din Oz de Iordab Chimet (1967), pour théâtre de marionnettes d'après L. Frank-Baum
  • Romeo şi Julieta de William Shakespeare (1967)
  • Caligula d'Albert Camus (1968)
  • Jertfirea Iphigeniei op. 17 (1968), opéra radiophonique, livret d'Alexandru Pop et Pasca Bentoiu d'après Euripide
  • Hamlet op. 18 (1969), opéra en deux actes, livret de Pascal Bentoiu d'après William Shakespeare
  • Visul unei nopţi de vară de William Shakespeare (1969)

Musique symphonique

  • Uvertură de concert op. 2 (Ouverture de concert, 1948, rév. 1959)
  • Concert nr. 1 pentru pian şi orchestră op. 5 (Concerto n° 1 pour piano et orchestre, 1954)
  • Suită ardelenească op. 6 (Suite de Transylvanie, 1955)
  • Luceafărul op. 7 (Lucifer, 1957), poème symphonique inspiré par Mihai Eminescu
  • Concert pentru vioară şi orchestră op. 9 (Concerto pour violon et orchestre, 1958)
  • Imagini bucureştene op. 10 (Images bucarestoises, 1959)
  • Concert nr. 2 pentru pian şi orchestră, op. 12 (Concerto n° 2 pour piano et orchestre, 1960)
  • Simfonia nr. 1 op. 16 (Symphonie n° 1, 1965)
  • Simfonia nr. 2 op. 20 (Symphonie n° 2, 1974)
  • Simfonia nr. 3 op. 22 (Symphonie n° 3, 1976)
  • Eminesciana III op. 23 (1976)
  • Simfonia nr. 4 op. 25 (Symphonie n° 4, 1978)
  • Simfonia nr. 5 op. 26 (Symphonie n° 5, 1979)
  • Simfonia nr. 6 "Culori" op. 28 (Symphonie n° 6 "Couleurs", 1985)
  • Simfonia nr. 7 "Volume" op. 29 (Symphonie n° 7 "Volumes", 1986)
  • Simfonia nr. 8 "Imagini" op. 30 (Symphonie n° 8 "Images", 1987)
Article sur les Symphonies

Musique de chambre

  • Sonată pentru pian op. 1 (Sonate pour piano, 1947, rév. 1957)
  • Cvartet de coarde nr. 1 op. 3 (Quatuor à cordes n° 1, 1953)
  • Sonată pentru pian şi vioară op. 14 (Sonate pour piano et violon, 1962)
  • Cvartet de coarde nr. 2 al "Consonenţelor" op. 19 (Quatuor à cordes n° 2 "des consonnances", 1973)
  • Cvartet de coarde nr. 3 op. 27a (Quatuor à cordes n° 3, 1980)
  • Cvartet de coarde nr. 4 op. 27b (Quatuor à cordes n° 4, 1981)
  • Cvartet de coarde nr. 5 op. 27c (Quatuor à cordes n° 5, 1982)
  • Cvartet de coarde nr. 6 op. 27d (Quatuor à cordes n° 6, 1986)

Musique vocale

  • 4 cântece pe versuri de St. O. Iosif op. 4 pentru bas şi pian (basse et piano, 1953)
  • Eminesciana II - Trei Sonete op. 8 pentru soprană şi pian (soprano et piano, 1958)
  • 4 cântece pe versuri de Mihai Beniuc op. 13 pentru mezzo-soprană şi pian (mezzo-soprano et piano, 1961)
  • Gelozie pentru bas şi pian (basse et piano, 1962)
  • Cântec nou pentru soprană si orchestră (soprano et orchestre, 1962)
  • Flăcări negre op. 21 pentru tenor şi pian (ténor et piano, 1974)
  • Incandescenţe op. 24 (1977)

Sources

  • Viorel Cosma, Muzicieni din România, vol. 1, Editura muzicală, Bucureşti, 1989 - ISBN 973-42-0015-1
  • Creaţii Simfonice Româneşti, CD 8, UCMR-ADA 2A18469, notice de Loredana Baltazar

4 commentaires:

ничего a dit…

Merci pour le post. Je suis très intéressé à la musique de Bentoiu et ce n'est pas facile à trouver des informations sur son travail. La cinquième symphonie est trop belle, et son deuxième concerto pour piano est délicieux. Cependant, plus difficile qu'avoir les informations est (au moins pour un étranger) de trouver ses œuvres. Vous savez comment je peux les rencontrer? Surtout ses symphonies 3, 4, 7 e 8 et ses quatuor à cordes.

Alain Chotil-Fani a dit…

Merci pour votre commentaire. Je ne sais hélas pas vous renseigner, tant cette musique reste confidentielle. Il arrive que le site http://muzica.cimec.ro mette des oeuvres en téléchargement, mais aux dernières nouvelles il ne répond plus. Bref, il faut rester à l'affût et sauter sur la moindre occasion. N'hésitez pas à me faire part de vos propres découvertes.

пока a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
пока a dit…

Salut, pardon pour ne pas répondre avant.

Récemment, un ami m'a donné quelques enregistrements qu'il a pris de la radio roumaine et j'ai décidé de les poster ici, avec des autres choses que j'avais: http://onfermepasnosgueules.blogspot.com/2009/01/pascal-bentoiu.html

Peut-être, vous trouverez quelque chose qui t'intéresse.